Le clou …


 

Quelque part, dans un café ... un clou seul...

Zaba is watching you ! Telle pourrait-être la phrase lancinante marquée sur les murs des commerces et rues tunisiennes d’avant le 14 janvier… comme dans le roman du grand George Orwell (ici pour les curieux), la Tunisie sous le regard sourcilleux de son dirigeant menait sa vie quotidienne… Son portrait trônait au milieux des machine à café, derrière les comptoirs des sandwicheries ou encore sur les murs de tous les services publiques ou entreprises. Mais loin d’être la même, la photo du chef se permettait quelques originalités, sur le mode des BD  des « Martine à la …« : Zaba en président, Zaba en agent secret (code 000 ?) ou encore (ma préférée) Zaba en fan de … mac ! Bref chaque Tunisiens étaient sous le regard du leader … Personnellement, j’ai toujours eu une curieuse sensation face à cette image omniprésente, avec ce regard qui semblait vous fixer, d’un personnage qui ne parlait jamais et semblait irréel … Oui car le « grand leader » était bien avare de parole, rare était ses interventions et il m’a fallut attendre son dernier discours, le fameux « je vous ai compris » gaullien, pour l’entendre. D’ailleurs ce discours démontre bien l’absence de charisme d’un homme qui préféra toujours l’ombre des services de sécurité  plutôt que celui des spots des plateaux de télévision. A ce titre, les techniciens présents dans les locaux d’enregistrements ont confirmé qu’étant fort mal à l’aise, il du se reprendre plusieurs fois (d’où les coupures grossières) en raison d’un énervement caractérisé par de moult moulinés de ses bras et des hurlements permanents.

Ainsi vivait la Tunisie sous la propagande du régime autour de son leader. Le rapprochement entre d’autres types de propagandes est originale : ainsi l’image d’un Zaba entourée de Zabette Leila sur cette photo fait penser furieusement à d’autres photos de Corée du Nord et autres patries souriantes … Certes, ici pas de mouvement de jeunesse embrigadée à la source coréenne et défilant au pas de l’oie, mais on peut se demander si la construction des photos ou affiches de propagande officielle ne sont pas inspirées de la rhétorique communiste (voir le diaporama)

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Bien entendu, les commerces ou entreprises qui n’avaient pas la photo du leader pouvaient avoir de graves problèmes : refus de licence, amende pour des motifs divers et variés ou encore tracasseries administratives multiples. Il n’était pas rare de voir des chauffeurs de louages (taxis collectifs) mettre sur leur pare-brise arrière une affiche du leader afin d’éviter toute tracasserie en cas de contrôle routier. Dès le 15 janvier, de nombreux clous refont leurs apparitions débarrassées de portraits encombrant qui finissent par retourner dans la poussière de locaux annexes ou dans les poubelles de l’histoire … en attendant un nouveau président (d’ailleurs est-ce que cette « mode » républicaine d’afficher le portrait du président sera maintenue lors de la stabilisation du pays ?). Parallèlement à cette propagande, d’autres symboles étaient aussi autant de signe d’allégeance plus insidieux, comme le chiffre « 7 » ou encore la couleur préférée du leader le … violet, que nous détaillerons dans un prochain post.

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