L’UMP et le Fhaine sont dans un bateau, Nicolas tombe à l’eau …

Quelle ignominie, quel scandale, quelle révulsion … quand on voit certains politiques français courant derrière quelques voix nauséabondes pour les prochaines élections, la nausée nous monte au nez … Que propose la France de Sarkozy pour aider un pays toujours présenté comme « ami » après sa glorieuse révolution  ? Si nous sommes déjà revenus sur les nombreux couacs (de MAM à Sarkoboillon) entre les deux pays, nous ne pouvons pas taire une colère sourde qui monte en nous : face à l’arrivé de 20 000 migrants tunisiens à Lampedusa, la France des Droits du blabla est bien pitoyable : elle s’offusque que l’allié italien lui demande de l’aide, refuse une prise en charge partagée et même comble de l’ignominie, par la  voix de Chantal Brunel souhaite « remettre les Tunisiens dans leurs bateaux » Tête à BrunelHaaaa Chantal, si son air pincé donnait déjà envie de lui mettre la tronche dans un plat d’harissa, ses propos donnent vraiment envie de la baffer. Comment peut-on tenir de si énormes inepties ? Être si éloignée de toute compassion humaniste, de tolérance de surcroît pour une élue  ? Elle est où la fraternité que doit porter chaque élu se réclamant de la République ? À moins que cela soit fait dans un but purement électoraliste : attirer les beaufs du Front Nazional …. Chantal Abjecte j’écris ton nom … ! Une nouvelle fois, j’ai – et beaucoup de personnes également – ont de plus en plus mal à la France, d’autant plus que l’actualité se rappelle encore à nous : hier un navire a coulé avec son bord 800 personnes, dont 200 sont toujours portées disparues … imaginons, la peur de ceux qui ont dû se débattre face à l’agitation des flots, coulant inexorablement, pensons aux mères serrant leurs enfants contre la chaleur de leurs seins malgré les coups de ceux cherchant à s’extirper du bateau en surcharge… alors Chantal on fait quoi des corps ? On remet les corps dans les bateaux de peur que ces pauvres hères encombrent nos cimetières ?

La solidarité tunisienne (collectes) au Sud

Pour enfoncer encore le clou, devant cette gestion calamiteuse de l’Union européenne face à une migration qui représente une goutte d’eau pour un ensemble politique de 450 millions de personnes, la Tunisie montre l’exemple. Bien qu’elle est du mal à ralentir cette émigration, sans doute en raison d’une corruption de douaniers et d’habitants locaux qui profitent d’un juteux marché (2000 € la traversée au bas mot), la Tunisie ne reste pas les barrières frontalières baissées face à un afflux 21 fois supérieur à celui de l’U.E. . Devant faire face à l’immigration de plus de 420 000 personnes fuyant les combats en Libye (combats accentués par … allez devinez qui), la Tunisie fidèle à sa réputation d’accueil, a ouvert ses frontières et doit gérer une population représentant 4% de sa population totale. A titre de comparaison, cela représenterait pour la France – à échelle équivalente, mais sans disposer des moyens de la 5e puissance économique mondiale – environ 2,6 millions de personnes…  De la sorte, des camps de fortune se sont mis en place à la frontière tuniso-libyenne, et certains réfugiés ont été même accueillis chez l’habitant. Des collectes menées par le Croissant rouge et toute une chaîne humaine se sont créées du Nord au Sud pour aider les Sahéliens, mais aussi aider leurs voisins Libyens. D’ailleurs, la question des petits écoliers réfugiés intéresse les autorités tunisiennes : des écoles vont accueillir des réfugiés dans les villes voisines, sans que se pose le coût/ gain/ intégration/ oracle de Madame Soleil – et que sais-je encore – qui bloquent les mesures européennes…. La rue tunisienne qui se félicite du rôle exemplaire de son pays se désole (une nouvelle fois) du manque de soutien de l’U.E. et en particulier de la France. Le pays de Voltaire a certes ouvert son chéquier pour des projets divers et flous lors de la visite de son ministre des Affaires étrangères (mais quelle en sera la réalité sur le long terme ?). Mais elle aurait pu davantage envoyer du soutien médical et militaire en Tunisie avec son rutilant porte-avion Charles De Gaulle, néanmoins elle a préféré utiliser ses moyens de l’autre côté de la frontière tuniso-libyenne … but business is business la démonstration d’un arsenal estampillé Dassault est bien plus porteuse pour la balance commerciale française que des biens humanitaires, mais pour les idéaux on repassera … .

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Aux balais citoyens !

Labib, la mascotte de l’EnvironnementIl est intéressant de voir comment la fuite de Zaba, donne lieu à de nouvelles activités à savoir l’environnement et la notion de développement durable… Sous Zaba, l’environnement se limitait à construire des ronds-points de l’environnement, agrémentés de Labib, personnage tête à claque aux oreilles démesurées, mascotte de l’Environnement. Greenpeace était une association non grata, la pêche au thon rouge étant une denrée importante pour le secteur primaire tunisien (et le client japonais) et si le recyclage était dans l’ère du temps, bien du travail restait à faire.

En effet, les rues parfois se transforment en dépotoir, faute de poubelles nombreuses et de ramassages réguliers. Les centres de tri ne sont pas en nombre suffisant, de même que le tri sélectif est quasi inexistant : de pauvres hères se chargent alors de fouiller les poubelles pour récupérer le plastique avant d’aller le vendre… la responsabilité collective n’est pas de mise dans ce mode de recyclage : les gens jetant sans trier leurs déchets, participent à l’aspect chaotique des poubelles publiques, sans parler des odeurs cadavériques… De même, outre l’absence de centre de tri conséquent, les décharges ouvertes sont nombreuses et il n’est pas rare le matin, selon le vent de sentir les effluves pestilentiels lointains dus à l’incendie de ces mêmes décharges. Le problème est donc un sacré défi pour la Tunisie, ouverte au monde de la consommation, l’accumulation d’emballages, de bouteilles plastiques et autres déchets qui sont toujours de plus en plus nombreux. La situation est même critique pour certaines villes, obligées d’en ouvrir en urgence même dans leur centre comme à Tunis.

Mais quel changement désormais ? Quel rapport avec l’ère pré-Ben Ali ?  La Tunisie serait-elle devenue un « écolo-pays scandinave » ? Où toutes ressources sont issues d’un recyclage sévère, où le citoyen n’est pas qu’un consommateur, mais s’inquiète à juste titre de sa cité ? Malheureusement non… du moins pas encore. Car des initiatives voient le jour et trouvent dans la Tunisie de l’après-Zaba, un goût révolutionnaire. Plusieurs municipalités proposent à leurs concitoyens, jeunes ou plus âgés de participer à de gigantesque opérations de nettoyage public : Bizerte, Sfax… . Il faut voir ces jeunes tunisiens saisissant des sacs plastiques et autres détritus pour les réunir et rendre plus belles certaines rues, espérant que l’opération donne lieu à un comportement plus responsable de leurs voisins. Mais l’aspect le plus politique de l’acte réside davantage dans la portée du geste : nettoyer la nouvelle Tunisie… et en premier lieu, des strates de l’ancien régime ! Bien après le 14 janvier, nombre de symboles furent jetés à la poubelle : photo de Zaba président, chiffre 7 (même sur les devantures de magasin utilisant le chiffre désormais honni), photo géante de Zaba, …  voire cadeaux bien mal acquis des sbires du régime, saisis lors des premiers jours de liberté, bref le recyclage a commencé tôt ! Le recyclage se poursuit même dans les moeurs de la vie quotidienne : il n’est plus rare d’entendre dans la rue, une envolée lyrique sur le thème « vois-tu un/e benaliste » pour dénoncer un acte d’incivisme, une tentative de corruption…

Cependant, on peut se demander quelle est la place de l’environnement dans la nouvelle Tunisie ? Si deux partis politiques se saisissent directement de la question environnementale (Tunisie verte et le Parti vert), peu de partis la mettent au centre de leurs réflexions. Pourtant est-ce la prise en compte d’une dégradation de l’environnement et son corollaire, le cadre de vie de tous ne sont pas une priorité de tout engagement politique ? Selon, les trois piliers du développement durable, pourtant les trois éléments sont liés :

Si nous pouvons définir le développement durable, comme « un mode de gestion de ressources durables pour les générations présentes et futures », espérons que la question devienne clé pour les futures élections. La Tunisie, pays méditerranéen où l’eau est rare  au centre et au sud du pays, et qui le deviendra encore plus (faute de sources se renouvelant régulièrement), doit faire face à son avenir. Mais loin d’avoir que des contraintes, son climat lui assure un ensoleillement important, et l’énergie solaire est une piste qui se fait jour, face à une Europe nucléarisée et souhaitant en sortir doucement… Bref du potentiel économique, social et environnemental que le pays se doit d’approfondir, du bas en haut de la société.

Sources

Développement durable et Tunisie : http://www.environnement.nat.tn/potentieleau.htm

Etude sur l’eau en Tunisie : http://www.histoire.ac-versailles.fr/spip.php?article573

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A vot’ bon coeur m’sieurs d’mes !

Oyez, oyez braves gens, la dame Nadine Morano est venue, nous l’avons vu et elle a vaincu les derniers doutes sur les a priori tunisiens sur la France qui se lève tôt …. Après avoir été chargée – avec ô combien de maladresse – de la famille, d’Internet ou des jeux vidéo sans en avoir la fonction, elle arrive en Tunisie. Pour localiser l’oiseau, souvenons de  ses envolées peu lyriques sur les valeurs puériles et guerrières de certains jeux vidéo et sa mise en scène – en famille cela va s’en dire pour miss UMP –  devant justement ces affreux jeux interdits au moins de 18 ans, dont elle semble pourtant apprécier les vertus avec ses enfants… mineurs. Bien qu’elle ait tenté une carrière musicale pour promouvoir son parti moisi (avec le fameux « lipdub » – à savoir grossier play-back créé par les Jeunes de l’UMP), en voulant changer « le monde » selon l’hardi slogan du spot .. Voyons comment elle le change en Tunisie.

Venu pour relancer, avec des gestes forts, une coopération franco-tunisienne au point mort après la calamiteuse affaire MAM-POM et consorts, que cela soit dans l’aide de la police de Ben Ali à « maîtriser » les manifestants de décembre 2010 ou encore les affaires immobilières louches signées durant le règne de Zaba et dont profita une grande partie de la classe politique française… Morano come back, elle arrive avec ses prérogatives de ministre chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle… et promet de changer le monde… Les Tunisiens émerveillés, attendent des gestes forts du principal partenaire économique de leur pays : en effet, au côté des entreprises françaises implantées en Tunisie pour des raisons de coût de main d’oeuvre et de proximité de marché, des nombreuses écoles/ collèges/ lycées français accueillent Français, Tunisiens, binationaux et Européens, donnant à la France  une place d’acteur de premier plan pour la Tunisie de demain…

Tu es bien seule à "rire ..." Castafiorano !

Donc Dame Morano, qui ressemble vraiment à s’y méprendre à ces dames seigneuriales, même coup de menton impérial, cheveux blonds comme le blé, daigne s’intéresser à ce petit fief sous suzeraineté française, la Tunisie… mais quoi ? Le marquis n’est plus ? Il a été chassé par d’affreux gueux et autres vilains ? Diantre, faite sonner le tocsin l’émotion populaire a emporté notre fidèle vassal ?! Et l’exagération n’est pas de trop dans cette mise en scène guignolesque : qu’offre la France, bien amoindrie par les frasques des Sarko(boy, girl) et consorts pour aider un pays qui n’est « au sud de la Méditerranée que par la géographie » (dixit Bourguiba) ? Des promesses d’aides mirobolantes pour que le développement des deux pays puisse se faire sur de nouvelles bases ? Afin que l’essor économique de l’un profite à l’autre ? Freine une immigration illégale, bien souvent tragique sur cette mer si bleue, mais si dangereuse ? Rapproche les peuples et tente un pont symbolique entre les deux rives de la Méditerranée ? Voire même, comme le propose certains universitaires, propose à la Tunisie, non pas d’être un partenaire privilégié, mais devenir membre de l’Union Européenne ????

Que nenni voici ce que sort la dame de son escarcelle gouvernementale : un partenariat pour aider à la  Tunisie à former ses jeunes… quelle bonne idée, car la formation professionnelle en Tunisie manque cruellement de moyen, et non pas de bras, mais d’une formation répondant aux attentes des entreprises et bassins industriels, qui ayant besoin d’ingénieurs à tout autant besoin d’ouvriers qualifiés. La France qui est un acteur majeur dans la formation professionnelle, n’ayant pas peur de revendiquer cette place que bien des pays lui envient, notamment les pays en développement manquant cruellement de main-d’œuvre très qualifiée, a la possibilité d’exporter son savoir-faire dans ce domaine …  exportation d’autant plus présentable que celle de vendre des armes ou de se faire connaître par les gesticulations de son président. Ainsi, Nadine arrive à Tunisie est propose… roulement de tambours de créer …. 17 emplois pour un montant de          70 000 euros !! Attention, sonnez les trompettes, appelez les médias, oui vous avez bien lu dix-sept emplois !!!!! Quelle générosité de la part de la 5e ou 6e puissance économique mondiale !!!!! Je m’en étrangle du clavier …. vraiment si avec ça la Tunisie ne déplie pas le tapis rouge …. Au lieu de proposer la mise sur pied d’une large, généreuse formation d’une scolarisation professionnelle à l’étranger, basée sur des échanges d’enseignants et la constitution de lycées professionnels binationaux, après les lycées généraux par exemple. Cet acte revaloriserait la filière tant en France (pour les enseignants devenant des formateurs), mais aussi en Tunisie auprès d’enseignants qui pourraient partager leurs expériences avec leurs homologues français et développer une vraie politique industrielle sur les deux bords de la Méditerranée… Enfin, ce voyage, vite oublié de la part de la Tunisie est vraiment à la hauteur d’un gouvernement français qui ne sait plus quoi faire pour mépriser ses éventuels partenaires… quelles lamentables gesticulations.

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Laïcité et religion dans la Tunisie post Zaba

Albert AUBLET (1851-1938), "Femmes voilées sur les toits de Tunis".

Si un sujet court la rue tunisienne en ce moment, c’est bien celui du voile et de ses conséquences ou causes, c’est selon, politiques. Symbole religieux (dont la prescription coranique est des plus floues) il prend dans la Tunisie post-Zaba également un aspect identitaire  des plus revendiqués. Ainsi, il devient plus fréquent dans la rue, allant du discret fichu au niqab intégral des plus surprenants. En effet,  n’a-t-on pas vanté une Tunisie laïque bourguibienne, pratique poursuivie sous l’ère de Ben Ali ? Un Îlot de tranquillité isolé dans un Maghreb traversé par les soubresauts violents d’un islamisme radical voisin (en l’occurrence l’Algérie des années 90) ? Pourtant, la question religieuse ici au sud de la Méditerranée est loin de recouper  le sens laïc qu’on lui donne en France. La laïcité française, long combat mené depuis la Révolution, est avant tout un concept égalitaire refusant une quelconque primauté à tel ou tel culte, mais tout en favorisant – ce qu’oublient bon nombre de laïcards de la 25e heure qui dissimulent mal leur islamaphobie honteuse – une tolérance généralisée envers les religions (1). Ainsi, certaines fêtes religieuses sont inscrites dans différents calendriers officiels (scolaires par exemple), les religions sont considérées comme parties intégrantes de la communauté nationale et peuvent pratiquer librement (dans le cadre définit par la loi commune). Ainsi loin d’interdire de croire (ou de ne pas croire), l’État donne à laïcité le rôle de socle de notre pacte républicain en s’assurant que le domaine religieux ne soit pas instrumentalisé par un quelconque gouvernement … bien que l’évolution de certains politiques français soit inquiétante. Pour prendre qu’un exemple – mais ô combien fort – l’autre zigoto national à talonnette n’hésite pas à se vanter de sa catholicité en public remettant en cause le pacte républicain qu’il est censé défendre par sa fonction présidentielle … enfin on n’est plus  à une ambiguïté prête, après 5 ans de Sarkozysme aiguë… .

Revenons à la Tunisie. Bien que le mode de vie tunisienne et le rôle des femmes affirmé par le Code du Statut Personnel de 1956 donnent à la méchouia sociale tunisienne un goût de laïcité, le sens est ici bien différend de celui définit plus haut. En effet, la religion musulmane est reconnue comme partie intégrante de la Nation tunisienne, inscrite dans la Constitution (article 1er : La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain ; sa religion est l’Islam, sa langue l’arabe et son régime la république). Nonobstant, loin d’être un État islamiste, la liberté de conscience et de culte sont protégés (art. 5) et la présence d’une minorité chrétienne et juive depuis l’Antiquité est bien une constante de l’identité tunisienne. Néanmoins, le pouvoir politique loin de se désintéresser de la question religieuse, l’intègre dans son discours et l’utilise. Si Bourguiba demeure pour beaucoup le père de l’émancipation féminine tunisienne par le CSP de 1956, ce dernier évolua sur la question. Sous la période coloniale, le futur « combattant suprême » dénonce les élites traditionnelles proches du pouvoir colonial, mais se garde bien de dénoncer le voile, symbole traditionnel mettant un frein à l’assimilation coloniale :

« Nous sommes en présence d’une coutume entrée depuis des siècles dans nos mœurs, évoluant avec ceux-ci, à la cadence, c’est-à-dire assez lentement. […]. Avons-nous intérêt à hâter, sans ménager les transitions, la disparition de nos mœurs, de nos coutumes […]. Ma réponse, étant donné les circonstances politiques dans lesquelles nous vivons, fut catégorique. Non »(2)

Après l’indépendance acquise, certes Bourguiba revoit sa position sur le rôle des femmes dans la société tunisienne, mais loin de se désintéresser de la question religieuse l’investit et souhaite la contrôler. Il justifie ce contrôle au motif d’un positivisme proche des Lumières (mais aussi d’Averroés) selon lequel la raison doit dominer la passion religieuse :

« Il est encore des gens qui ne conçoivent pas que la raison doit s’appliquer à toutes choses en ce monde et commander toute activité humaine ; pour ceux-là, certains domaines – celui de la religion en particulier – doivent échapper à l’emprise de l’intelligence. Mais alors, en agissant de la sorte, on détruit du même coup la ferveur et la vénération que nous devons à tout ce qui est sacré […].Comment admettre cet ostracisme contre la raison ? Comment s’abaisser à ce comportement d’animal intelligent ? La religion ne peut pas le commander » (Discours, Tunis, 8 février 1961).

Si les écoles religieuses musulmanes, mais aussi juives, perdent leurs  contrôles du domaine judiciaire, de même que scolaire comme la célèbre université de théologie la Zitouna de Tunis (qui ne peut plus délivrer de diplômes propres), les autorités indépendantes contribuent en fait à laïciser leurs fonctionnements. Soumise au contrôle de l’État, que cela soit les nominations ou la formation des imams, une direction des Affaires du Culte est créée en 1967 et loin d’être réservée à la sphère privée, la religion musulmane devient un faire-valoir de la politique bourguibienne. On se rapproche ainsi comme le note un article  qui inspire cet article, d’une forme de gallicanisme à la tunisienne proche de l’expérience française au XVIe siècle (3).

Bourguiba enlevant son « safsari » à une femme tunisienne.

Mais à la fin des années 70, le discours religieux devient un axe central du discours étatique et influence de plus en plus les autorités. Pourtant la décennie précédente est bien le signe d’une volonté d’émancipation face à des principes religieux qui sont autant de freins à la modernisation de la jeune Tunisie indépendante : souhaitant lutter contre le sous-développement du pays, Bourguiba provoque les plus traditionnels des croyants par des gestes forts : il n’hésite pas à casser le jeûne du ramadan par l’affaire du verre d’eau  durant une période de forte chaleur (qu’il consomme en public) ou impose des amendes pour tous sacrifices de moutons à domicile pour l’Aïd El-Kébir (3).

Si ces mesures sont aussi un gage face à l’aile gauche du parti de Bourguiba, la fin de l’expérience socialisante menée par son ministre Ahmed Ben Salah, met un terme à une volonté de conflit avec la religion, mais au contraire accélère sa prégnance sur la société : n’ayant jamais abandonné les références au Coran, toutes les mesures prises le sont d’après une interprétation du texte sacré selon Bourguiba. Ainsi,  le combattant suprême , président à vie en 1973, se compare au « commandement suprême » (Imamat) et présente les mesures freinant une lecture rigoriste du Coran comme un  djihad, que cela soit le grand djihad (que Bourguiba lie au développement du pays) ou à la lutte armée pour l’indépendance (lié selon Bourguiba au petit djihad ).

Départ volontaire pour l'umra, avant qu'il devienne pour Zaba le 14 janvier définitif ...

La religion est donc loin d’être placée à l’écart du monde politique tunisien, et Zaba (Zine el-Abidine Ben Ali) ne fera que poursuivre la lancée en l’accentuant : ce dernier libère dans un premier temps les fondamentalistes emprisonnés, dont Rachid Al-Ghannouchi, alloue des crédits aux mosquées, revient sur la suppression des prérogatives de la Zitouna et se présente même comme le président croyant en se mettant en scène lors de pèlerinage hors période prescrite par le Coran (umra). Cependant, le durcissement du régime trois ans après sa prise de pouvoir en 87, conduit à une terrible répression contre l’islam politique, facilitée par la guerre civile de l’autre côté de la frontière algérienne et justifiée  aux yeux de bon nombre de démocraties européennes. Désormais, la Tunisie de Ben Ali traque tous opposants, qu’il soit barbu ou libéral. Le fait de porter la barbe peut conduire à un opiné contrôle d’identité dans la rue ou pour une femme voilée une interdiction d’exercer un métier public, voir pour une élève de connaître des tracasseries de la part de son établissement scolaire …

L'Hijab (voile limité au visage)

Ben Ali partit, alors qu’en est-il du voile ? Le nouveau gouvernement de transition est beaucoup plus souple : désormais le voile est autorisé sur les cartes d’identité (à partir du moment qu’il ne cache pas le visage, comme l’hijab), et on trouve une multiplication dans la rue de jeunes filles voilées, jeunes (lycéenne) et moins jeunes, affichant désormais une religiosité sans crainte de s’attirer les foudres du pouvoir politique et policier. Cependant, est-ce temporaire ? Peut-on se demander si la pratique relève d’une mode (affirmer son identité) ou plutôt d’une forte conviction ? Le temps sera le seul témoin de cette explosion de tissus bariolés …. Pour ma part, considérant que le voile fait partie d’une démarche personnelle, je suis davantage préoccupé par l’apparition de voile intégral, (niqab) voire du tchador (iranien, couvrant le corps et laissant apparaître le visage) tranchant radicalement avec les mœurs et coutumes tunisiennes.

Dark Vador come back !

Cela est plutôt préoccupant et constitue une nouveauté dans la Tunisie révolutionnaire : est-ce là un signe d’émancipation ? On peut en douter au vu de l’image que le sdonne de la femme (un sac à pomme de terre semble plus proche) et surtout la symbolique sous-jacente : n’étant pas propriétaire de son corps, le niqab donne à la femme un statut inférieur à l’homme « maître », et interdit toute communication et socialisation éventuelle, bref renferme la personne dans une cage de tissu. Plus inquiétant, certains propos tenus dans la rue ou sur la plage envers des jeunes femmes non voilées, sont le signe d’un certain durcissement de  position hier moins présentes : est-on encore dans la phase de transition ? Encore limité à quelques personnes, ces propos ou modes vestimentaires agacent nombre de Tunisiens-e-s et on peut craindre que si ce voile intégral se développe, certains en viennent à regretter l’ère Zaba …. La constitution d’une nouvelle société respectueuse des cultes et ne les instrumentalisant pas (sur le modèle laïc français) ne serait-elle pas une solution… ?

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L’exemple DSK, tenir les futurs candidats par la culotte ?

Toute image subliminale est forfuite

Toute image subliminale est fortuite

Bien que le titre de ce post laisse à penser à une éventuelle sélection pour une quelconque télé-réalité – ce qui n’est pas, cela va sans dire – mais je ne peux  que rebondir (sans mauvais jeu de mots) sur l’actualité chaude de ce dimanche matin en France : l’éviction à la future présidentielle du candidat le plus en vue Dominiquenique Strauss-Khan (DSK) en raison de sa débordante fougue sexuelle à 62 ans… Mais quel rapport avec la Tunisie, vous me diriez vous ? Et bien … au vu des 66 partis désignés pour les futures élections législatives, bien souvent on pense que tout est gagné, remporté d’avance …. et l’actualité médiatique peut donner lieu à bien des surprises. L’homme le plus puissant de la planète, directeur du FMI tout de même, pris la zigounette dans la porte de la douche, tel un vieux sadique aurait sauté sur une femme de ménage de trente ans sa cadette et lui aurait forcé de pratiquer une fellation … le conditionnel est bien sûr à mettre dans le texte, car la présomption d’innocence est de mise : arrêté et débarqué de la business class d’Air France comme un vulgaire sans-papiers malien par la police new-Yorkaise, DSK est actuellement en détention même s’il vient d’être accusé d’agression sexuelle par la justice locale, très tatillonne à juste titre sur ce genre de fait …

Madames, Messieurs, veillez attacher vos ceintures, Le PS entre en zone de turbulence, BOOOOOOOOOOOOOOOOOOM, DSK FORCE ONE vient d’exploser en vol pour 2012….

Le candidat le plus en vue pour les futures élections présidentielles aura bien du mal, même blanchi, à se présenter vierge (sic) de tout soupçon de pulsion sexuelle quelconque pour un poste demandant responsabilité et calme. Bien sûr on peut gloser sur l’un des membres d’un parti qui eut remporté l’élection de 1981 avec un candidat connu pour ses frasques sexuelles dans les couloirs du P.S….  Mais de nos jours, à l’heure du web 2.0 et de l’info instantanée, une telle réputation entache quiconque se présentant à des hautes responsabilités et pour DSK réputé chaud lapin, ce penchant fait rire bien des humoristes, comme un Guillon ou un Canteloup, que cette aventure new-yorkaise semble confirmer …

En voiture Anne !

2012, commence donc sur les chapeaux de roue pour l’ex-candidat du parti socialiste, affaire de la Porsche pour un socialiste, maintenant agression sexuelle pour un partisan de l’égalité homme-femme … on peut se douter que son adversaire potentiel, du haut de son mètre 68 doit bien se gloser de la fin d’un de ses adversaires qui risquait d’emporter le suffrage de ses opposants, voire même de son propre camp… Alors à qui le tour désormais ? Parler de complot serait présomptueux, mais les dégâts risquent d’être irréversibles, et l’avenir de la future primaire du PS (désignant les futurs candidats à la présidentielle) s’en trouve bouleversée … Hollande devient ainsi le candidat le plus en vu, la « force tranquille » en réserve du P.S. a un boulevard devant lui …

Pour terminer sur cette affaire rock’n roll ou tirée d’une mauvaise série américaine, sur les penchants d’un homme  « sex’addict », on peut – en autre – être impressionné par l’intervention vigoureuse de la NYPD (police new-yorkaise), mais aussi de sa capacité à arrêter quiconque … . Ainsi, candidats futurs pour la Tunisie, députés ou futur-e-s président-e-s, attention la culotte peut devenir une sacrée peau de banane pour la marche au pouvoir … . Il faut remarquer que le fait était régulier en Tunisie sous Zaba, bien des adversaires potentiels furent discrédités par des frasques montées de toutes pièces par le régime pour atteindre à leur honneur. Ainsi des opposants furent victimes de montages photographiques ou de vidéo, diffusés à leurs proches et démontrant un penchant sexuel « coupable » et autre fantaisie… . On peut espérer que DSK ne soit pas pris dans un tel procédé (fomenté par qui d’ailleurs ?), car outre sa réputation c’est bien la démocratie qui ne s’en relèverait pas de sitôt.

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Affamés de liberté vs M. Propre

La nuit tombe sur Tunis ...

Ouverture du J.T. français sur « la Tunisie sous couvre-feu » … quelle en est la réalité sur le terrain ? Bien loin des titres polémiques, dont se fait gorge chaude les différents médias français, voyons la situation ici en Tunisie. Depuis la chute de Zaba, les Tunisiens ont faim de liberté : de presse, de mouvement, vestimentaire (religieux en particulier) et de politique. Il n’est pas rare que des manifestations depuis la chute de Zaba s’organisent dans les grandes villes tunisiennes, en particulier à Tunis en raison de son statut de capitale.  Mais ses derniers temps la situation redevient très tendue … Suite à de nombreux débordements, Gafsa et son bassin minier sont placés sous couvre-feu depuis vendredi, un poste de police ainsi que la station de train à Meknassi (gouvernorat de Sidi Bouzid) ont été incendiés tandis que samedi à Tunis,  des manifestants contestant le gouvernement en viennent aux mains avec les BOP présents et dans la confusion générale les coups pleuvent tous azimuts … Pourquoi cette colère ? Les motifs de contestation demeurent encore nombreux : sociaux, critiques de l’ancien régime et du nouveau gouvernement, souhaits de plus maximalistes à une seconde révolution et tensions à la frontière Libyenne qui contribuent à renforcer ce climat délétère…

Bien plus que ces manifestations, somme toute normales après une période de musellement démocratique, ce qui est plus inquiétant est la montée d’une cristallisation autant de l’opinion tunisienne que des étrangers présents en Tunisie, inquiets des heurs et violences commises lors de certaines manifestations. Si le spectre du « mieux avant » n’est pas (encore ?) revendiquée par une frange de l’opinion publique, on peut s’inquiéter d’une situation qui pourrit et peut donner lieu à l’émergence d’un terreau favorable à « l’homme providentiel » que connaissent tant les Français et les Tunisiens pour leurs plus grands malheurs…

Arrivée à Tunis Carthage de barbus …

Certains politiques locaux semblent attiser ce feu en vue d’élections prochaines : ainsi, l’ancien éphémère ministre de l’Intérieur, Farhat Rajhi souffle sur les braises de la sécession nationale en parlant d’un complot des Sahéliens (originaires de la ville de Zaba, Hamme-Sousse et des alentours comme Sousse), tandis que les islamistes de retour au pays revendiquent aussi leurs parts de démocratie ….

Pour Farhat Rajhi, il suffit de se souvenir de son très court passage à l’Intérieur pour avoir une image du personnage quelque peu controversée. Nommé dans le second gouvernement (ou pour ceux qui suivent l’épisode II, l’Empire contre … heu je m’égards), il est populaire  malgré son éviction rocambolesque de ses locaux par une manif de policiers qui lui coûta dans la précipitation son portable et son manteau dans une scène très vaudevillesque … Surnommé M. Propre, il a tout du sarkoboy version Môssieur Charles (Pasqua) : fort en gueule, imposant physiquement, imbu d’une certaine autorité et girouette : ainsi sous Zaba, il ne fut pas le dernier en louanges pour l’ancien président …. il a contribué dans ses derniers propos à agiter le spectre de la division du pays, face à un complot imaginaire ou réel de qui on ne sait pas, pourquoi, on ne sait plus mais, il en profite pour sortir le chiffon (normal pour un « M. Propre ») de l’éventuel coup de force militaire, illustré par l’ami « Z » sur son blog. Essayant un rétropédalage vigoureux (comme un zélé défenseur d’un désastreux bouclier fiscal moribond pour nos amis français), il doit faire face à son renvoi du Haut comité des droits de l’homme et des libertés fondamentales  et peut-être penser à organiser sa défense en vue d’un procès … . Bref, un comportement peu responsable pour un homme politique dans un pays à fleurs (de jasmin) de peau… .

Pour les curieux : à noter que Nadia from Tunis a fait une bonne rétrospective sur cette affaire et les risques qu’elle soulève pour la Tunisie : voir ici

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Peur(S) postrévolutionnaire(S)

La rumeur court, elle se faufile entre les mots échangés autour d’un café, assise dans un taxi ou accoudée dans une sandwicherie … « Avez-vous entendu le braquage sur l’autoroute ? »… « Moi, j’ai vu une personne se faire voler son sac »… « et les prisonniers qui s’évadent, c’est un coup monté à coup sûr … » Comme vous l’avez remarqué, une certaine peur envahit la rue tunisienne et désormais, tout un chacun craint pour son bien … mais chers lecteurs, revenons sur ce sentiment d’insécurité, né dans les premiers temps de la révolution et qui me fait penser irrémédiablement au lendemain de la grande Révolution, celle de 1789. Souvenons-nous, juillet 1789 les premiers bruits de la prise de la Bastille et du recul du roi face à l’assemblée constituante autoproclamée en juin … la révolte parisienne murmurée dans les moindres villages, hameaux de France et de Navarre allume le fétu de paille de la colère qui se transforme en incendie généralisé : pillage de châteaux, assassinat de quelques nobliaux provinciaux et surtout destruction des fameux et iniques cadastres seigneuriaux imposant et définissant les nombreuses taxes à payer …

Méchoui tunisien

Les premiers temps de la révolution tunisienne furent à de nombreux égards bien similaires,  à la différence près que si les pillages ont toujours un « but » de redistribution violente d’une part des richesses, de nos jours ce sont les temples de la consommation qui attisent toutes les convoitises.

Ainsi, ils furent les premières victimes de groupes de pillard-e-s dans les divers centres urbains : Tunis, Sfax, Sousse… à Tunis, Géant fut attaqué de même que Carrefour, et à Sousse, Monoprix, Carrefour mais aussi Promogros pour citer les marques les plus emblématiques  connurent le même sort, mais avec différentes fortunes : de la vitrine cassée au magasin vidé préventivement par sa direction (voir photo) ou secouru par des employés restés à l’intérieur pour le défendre le soir du départ du Zaba.

L’inquiétude se lit sur le visage de nombreux Tunisiens dès le 15 janvier au matin : qui sont ces groupes qui pillent ? Des troupes affidées à Zaba préparées à faire le chaos ? Cette crainte d’une cinquième colonne est d’autant plus présente que la peur du sniper est toujours là, alimentée la nuit par des premières déflagrations au loin (mais qui semblent toujours proches), que cela soit des explosions non localisées ou des échanges de coup de feu sporadiques … . La peur est partout, d’autant que le moindre policier, affidé à l’ancien régime a disparu des ronds-points, carrefours et autres chemins habituels … les grilles des commissariats sont fermées et seules quelques jeeps de l’armée rôdent le soir venu.

Mais si la France a connu la nuit du 4 août où les constituants à l’Assemblée « sacrifient » leurs privilèges désuets pour sauver le(ur)s meubles, en Tunisie on assiste à un sursaut populaire, national même : les gens descendent dans la rue, se parlent et décident de protéger leurs biens eux-mêmes… faute de police ! Il faut avoir vu patrouiller dans les rues  ces citoyens pour sentir l’émotion d’un peuple qui se (re)découvre responsable, en charge de son destin pour vraiment comprendre ces quelques lignes. Armés de pioche, de bâton, de couteaux et faisant avec des morceaux de bois des barrages de fortune, les habitants décident alors d’assurer leur propre sécurité … Bon pour mettre un peu de gaieté, il vrai que dans notre quartier nous avons vu la police tunisienne donner un coup de main …. en effet, tous les policiers tunisiens ne peuvent être mis dans le même panier, et certains loin de fuir ont continué vaillamment à faire leurs boulots et vérifier si tout allait bien (et localiser d’éventuels pillards). Ainsi, en bas de chez moi, arrivant à fond de caisse, le pied sur le plancher, une voiture de police put faire la démonstration des planches à clous posées pour stopper les pillards …. Groucho Marx sans les moustaches …

Mais attention, il y a également des pillages heureux, et là on peut dire que les Tunisiens ont du nez : les propriétés de Zaba et consorts : que cela soit à Tunis, Hamamet ou encore dans le fief d’Hammam Sousse … on peut dire que la famille ne manquait pas de propriétés sous la main !

Cependant, la peur revient et se réintroduit de nouveau dans les conversations actuellement : des prisons qui se vident, des maisons cambriolées, des voitures qui se volent ou qui sont détériorées pour (mon) un pauvre autoradio… Espérons que la situation se stabilise au plus vite, car cette forme de délinquance beaucoup moins visible sous Zaba peut gangrener de nombreux secteurs vitaux pour la Tunisie : tourisme, IDE étranger (les investissements directs à l’étranger), réticences de diverses communautés expatriées riches en devises, par exemple les Franco- Belgio – Espagno – Italianno … tunisiens ayant la double nationalité et se tâtant pour rentrer voir un pays libéré ….

Certains dans le pays appellent même à un retour des forces de l’ordre, mais surtout ont une forme de nostalgie de l’ancien régime, tel cet article lu dans le journal le « Temps » où la police est désormais « pied et poings liés » faute d’une utilisation des matraques, gaz lacrymogènes et doit suivre désormais une procédure légale (sic !) comme le dit un membre des forces de l’ordre (repris avec complaisance pour le journaliste), que je cite (et quelle citation !) :

«  Par le passé, nous étions protégés, et avions les coudées franches pour traquer et surtout faire avouer les malfaiteurs. Maintenant, la loi ne nous autorise plus à le faire au risque de passer devant les tribunaux et autres conseils de discipline. Vous pensez que les délinquants, les bandits et les criminels que nous arrêtons vont avouer de leur propre chef leurs multiples forfaits ? On nous contraint désormais à « uniquement » rédiger leurs déclarations spontanées lors des interrogatoires. Fatalement et avec un dossier vide le juge d’instruction les libère le lendemain faute de preuves, d’aveux spontanés. Et la boucle est bouclée avec reprise de ces marginaux de leurs activités illicites une fois dans la nature. Autre chose, comment voulez-vous qu’on parvienne à disperser une manifestation de casseurs si l’usage des matraques et du gaz lacrymogène nous est interdit ou toléré à des conditions extrêmes. Par ailleurs, notre aura, notre crédit sont largement entamés auprès des citoyens qui nous imputent à tort toutes les exactions endurées par eux sous le règne du déchu. »

Gardons raison et souhaitons que la solidarité humaine soit bien plus forte dans ces situations de crise, car avant le 14/01 on pouvait douter d’une telle possibilité dans nos sociétés individualisées…. La Tunisie a pourtant démontré le contraire  .. de même, que ce vent qui a fini par balayer (et balayera encore soyons en sûr) le reste du monde.

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